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Le
terme manuscrit signifie littéralement « écrit à
la main » pour une période allant du Vème siècle
à la Renaissance, soit environ 1000 ans. Les manuscrits représentent
une source exceptionnelle pour la connaissance de ce monde appelé
à tort Moyen-Age par les humanistes de la Renaissance. Les
manuscrits vont bientôt servir les missionnaires car le christianisme
est la religion de la révélation écrite. Alors que
les premiers groupes de missionnaires traversent l’Europe du Nord, prêchant
dans les tribus païennes, ils offrent l’alphabétisation et
une civilisation fondée en Judée et affinée à
Rome. Pendant que l’Europe est ravagée par les invasions barbares
durant le Haut Moyen-Age, les moines de Northumbrie et d’Irlande produisent
de somptueux manuscrits latins dont les célèbres «
Evangéliaire de Lindisfarne », « Evangéliaire
de Durham » et le « Livre de Kells ». Les quatre évangiles
du Livre de Kells, conservé à la bibliothèque du
Trinity College de Dublin, sont créés entre la seconde moitié
du VIIIème et le début du IXème par trois mains différentes..
La première mention de son existence est un vol effectué
en 1006 dans le monastère de Kells en Irlande.
Ces manuscrits d’une beauté inouïe rappellent le travail d’orfèvrerie où excellaient les artistes d’origine celte. La richesse des pigments, les motifs ornementaux abstraits peuplés d’animaux fantastiques, les entrelacs infinis et les figures évangéliques sont le résultat du mélange entre la religion chrétienne et l’art païen. Plus tard, vers 800, les manuscrits vont devenir instruments de pouvoir. Charlemagne, à la tête d’un empire qui s’étend de la Baltique au nord de l’Italie crée un grand renouveau culturel à l’image de l’ancien empire romain. Les livres deviennent de précieux trésors et sont élaborés dans les scriptoria monastiques comme Saint Germain des Prés, Saint Denis, Corbie, Reims, et surtout Saint Martin de Tours ou l’Abbé Alcuin d’York met au point l’écriture « caroline ». En Europe : Salzburg, Ratisbonne et Vérone. Vers 1200, la production des manuscrits sort des monastères pour être relayée par le monde de l’éducation. L’essor des universités françaises (Paris, Montpellier….) ouvre la voie à la création de nombreux ouvrages scientifiques dans les ateliers d’artisans. Toute une chaîne de production s’installe : le parcheminier, le copiste, l’enlumineur, le relieur…
Les premiers romans apparaissent : Les légendes du Roi Arthur, de Roland, le roman de la Rose par Jean de Meung. Ces premiers succès littéraires sont prisés par les aristocrates lettrés et raffinés qui les offrent le plus souvent à leur épouse ou leur maîtresse. C’est le temps de l’Amour Courtois et des « cours d’amour » d’Aliénor d’Aquitaine et sa fille Marie de Champagne. La communauté religieuse elle, lit des bréviaires, missels, graduels, antiennes, psautiers, qui lui sert de support liturgiques souvent de très grande dimension pour un usage collectif. Le 14ème siècle voit l’apparition d’un nouveau type de manuscrit appelé « livre d’heures » : les livres d’heures sont des séries de prières et de psaumes à usage personnel qui demandent à être récités aux huit heures canoniques de la journée : Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. On trouve aujourd’hui de nombreux livres d’heures dans les bibliothèques et musées européens. Car ces livres étaient en même temps des objets précieux et produits en grande quantité surtout en France, Flandres et Pays Bas ; peu en Allemagne et en Grande Bretagne pays ou le catholicisme était déjà menacé par le mouvement réformateur luthérien. La Bibliothèque de Nantes renferme de très beaux exemplaires dont un magnifique « Livre d’Heure à l’Usage de Nantes » avec 12 calendriers mensuels.
En 1455 Gutenberg imprime à Mayence sa première bible ; les premiers incunables apparaissent. A la Renaissance, fin XVème, un mouvement philosophique, culturel et artistique naît dans le Sud de l’Europe, et plus particulièrement en Italie qui redécouvre les classiques antiques. Ce mouvement remonte peu à peu vers les ateliers gothiques parisiens. Les manuscrits à peinture sont le reflet de leur époque et nous restituent des formidables témoignages de notre Histoire. Ils se sont éteints avec l’avènement des livres imprimés. La peinture a suivi son chemin sur d’autres supports : le bois, la toile avec une nouvelle technique de peintre à huile. Quand à l’écriture, pour être belle et lisible, elle a dû obéir à des règles géométriques, esthétiques et artistiques précises: la calligraphie.
Le terme Calligraphie vient du grec « kallos » (beauté) et graphein (écrire) en français : belle écriture. La calligraphie est cependant plus que cela : c’est l’expression d’un mouvement, d’une émotion, d’une pensée. Le calligraphe Claude Mediavilla la définit comme étant « l’art de former les signes d’une manière expressive, harmonieuse et savante ». La calligraphie est aussi ancienne que les caractères* et l’alphabet mais celle qui nous intéresse ici commence à la charnière du monde antique et du Haut Moyen-Age. LA
RUSTICA - du Ier au Vème siècle
L’ONCIALE
– du IVème au IXème
LA
CAROLINE – IXème et Xème
LES
GOTHIQUES - fin
Xème-fin XVème
LA
FRAKTUR – XVIème-
XVIIème
LA
CHANCELLIERE–Renaissance
L’ANGLAISE
De
nos jours, la calligraphie est un moyen d’expression pictural à
part entière. En France le plus grand calligraphe est sans doute
Claude Mediavilla. * Pourquoi l’ « Atelier du Caractère « ? Etymologiquement, le mot « caractère » vient du grec « kharaktêr » : signe gravé. Le caractère est un signe conventionnel, un élément d’une écriture, une lettre, possédant un dessin et un style particulier qui va lui donner également toute son originalité, son « caractère ». NB : Pour une vision plus technique et si vous vous intéressez à la couleur et aux pigments, nous vous conseillons de visiter ce site : |